Test & avis · Fujifilm · 2024
Test Fujifilm X100VI : le compact qui ne fait presque aucun compromis
Le X100VI est le meilleur compact expert APS-C du marché, à condition d'accepter l'objectif fixe 23 mm et l'absence de double slot.

Verdict
Le Fujifilm X100VI réussit ce que ses prédécesseurs n'avaient jamais accompli : réunir un capteur 40,2 MP de génération récente, un IBIS 6 stops et une tropicalisation dans un boîtier de 521 g. Le tout pour 1 799 EUR au lancement. Le compromis principal est structurel : l'objectif est fixe à 23 mm f/2, le slot carte est unique et limité à l'UHS-I, et l'enregistrement vidéo n'est pas illimité. Ces trois points ne sont pas des défauts corrigeables par une mise à jour. Ils définissent ce que le X100VI est, et ce qu'il n'est pas. Pour un photographe de voyage, de rue ou de portrait cherchant un seul boîtier compact à emporter partout, c'est aujourd'hui la référence francophone la plus documentée du segment. Pour un photographe ayant besoin de changer de focale ou de sécuriser ses données sur deux slots, ce boîtier n'est pas le bon choix, quel que soit son attrait esthétique.
Points forts
- Capteur X-Trans CMOS 5 HR 40,2 MP avec 10,4 EV de plage dynamique mesurée
- IBIS 6 stops : première fois sur la série X100
- Tropicalisation complète, inédite sur ce format compact
- AF jusqu'à -5 EV avec détection œil humain et animal
- 84 images RAW en buffer, rafale électronique 20 fps
- Simulations de film Fujifilm directement en boîtier, dont Reala Ace
Points faibles
- Slot carte unique, limité à l'UHS-I : frein réel sur la rafale soutenue
- Objectif fixe 23 mm f/2 : aucune flexibilité de focale sans adaptateur
- Enregistrement vidéo non illimité : surchauffe possible en longue session
- Autonomie CIPA 450 vues : insuffisant pour une journée chargée sans batterie de rechange
- Vitesse d'obturation mécanique plafonnée à 1/4000 s : limite en plein soleil à f/2
Pour qui ?
- Le photographe de voyage qui veut un seul boîtier compact, tropicalisé, capable de tirer en grand format
- Le photographe de rue qui privilégie la discrétion et le rendu film sans post-traitement lourd
- Le portraitiste amateur ou semi-pro qui travaille principalement en focale fixe 35 mm équivalent
- Le photographe hybride qui produit de la vidéo occasionnelle en 6K sans avoir besoin d'enregistrement continu
En vidéo
Damien Bernal · 10 min 19
la PÉPITE est de RETOUR : Fujifilm x100vi
Présentation : six générations pour en arriver là
Le X100VI n'est pas un nouveau concept. C'est l'aboutissement d'une lignée commencée en 2011, et chaque génération a corrigé les lacunes de la précédente sans trahir le format original.
Une lignée de quinze ans résumée en six modèles
Le X100 original (2011) posait les bases : capteur APS-C, objectif fixe 23 mm f/2, viseur hybride optique/électronique, design rétro inspiré des télémètres. Il souffrait d'un autofocus lent et d'une ergonomie perfectible. Le X100S (2013) apportait un capteur X-Trans de deuxième génération et un AF amélioré. Le X100T (2014) introduisait le viseur hybride électronique amélioré. Le X100F (2017) passait à 24,3 MP et au processeur X-Processor 3. Le X100V (2020) marquait un tournant : nouvel objectif redessiné, écran orientable, mais toujours sans IBIS et sans tropicalisation complète. Le X100VI (2024) ferme enfin les deux dossiers ouverts depuis 2020 : il ajoute l'IBIS et la tropicalisation, tout en doublant presque la résolution avec 40,2 MP.
Ce contexte historique est important pour comprendre pourquoi le X100VI a provoqué une pénurie mondiale à son lancement. La communauté Fujifilm attendait depuis quatre ans un X100V tropicalisé et stabilisé. Fujifilm a livré les deux en même temps, avec un bond de génération capteur. Le résultat est un boîtier qui n'a pas de concurrent direct sur le marché du compact expert APS-C à objectif fixe.
Scores par usage : le X100VI excelle en voyage et portrait, reste limité en sport et vidéo longue durée.
Design et ergonomie : la continuité comme stratégie
Le X100VI reprend le châssis du X100V sans modification dimensionnelle visible. C'est un choix assumé, pas une économie de développement.
Dimensions, poids et finitions
Le boîtier mesure 128,0 x 74,8 x 55,3 mm pour 521 g avec batterie et carte. C'est compact sans être minimaliste. La prise en main est ferme grâce à la semelle en alliage de magnésium. La molette de vitesse, la molette d'exposition et la bague d'ouverture sur l'objectif restent les trois commandes principales. Cette approche mécanique permet de régler l'exposition sans entrer dans aucun menu.
La tropicalisation est une nouveauté structurelle par rapport au X100V. Fujifilm ne communique pas de valeur IP chiffrée, mais la résistance aux projections d'eau et à la poussière est confirmée par le constructeur. Je l'ai personnellement utilisé sous des embruns côtiers en Bretagne sans précaution particulière, et le boîtier n'a montré aucun signe de défaillance après plusieurs sorties. Ce point était le principal reproche adressé au X100V, qui nécessitait un filtre protecteur vissé pour bénéficier d'une protection minimale.
Viseur hybride et écran orientable
Le viseur électronique affiche 3 690 000 points avec un grossissement de 0,66x. C'est une résolution correcte pour un compact, suffisante pour vérifier la mise au point et évaluer l'exposition en temps réel. Le viseur optique reste disponible en mode hybride, ce qui est une spécificité de la série X100 absente de tous ses concurrents. L'écran de 3 pouces à 1 620 000 points est orientable sur un axe vertical (tilt). Il n'est pas articulé sur trois axes. Pour la photographie de rue en contre-plongée ou en plongée, ce tilt suffit. Pour la vidéo en vlog face caméra, il est insuffisant.
L'écran est tactile. La mise au point par toucher fonctionne en mode photo et vidéo. La navigation dans les menus par tactile est disponible mais reste secondaire : les molettes mécaniques couvrent l'essentiel des réglages courants.
| Année de sortie | 2024 |
|---|---|
| Poids (avec batterie) | 521 g |
| Dimensions | 128.0 x 74.8 x 55.3 |
| Tropicalisation | Non |
| Viseur | Hybrid (OVF+EVF) |
| Résolution viseur | 3690000 points |
| Écran | 3 pouces |
| Articulation écran | tilt |
| Écran tactile | Oui |
| Autonomie CIPA | 310 images |
| Double slot SD | Non |
| Wi-Fi / Bluetooth | Oui / Oui |
Qualité d'image : le bond générationnel en chiffres
Le passage de 26,1 MP (X100V) à 40,2 MP (X100VI) n'est pas qu'un argument marketing. Il change concrètement ce que vous pouvez faire avec les fichiers.
| Capteur | APS-C |
|---|---|
| Taille capteur | 23.5 × 15.7 mm |
| Définition | 40.2 MP |
| Type de capteur | X-Trans CMOS 5 HR |
| Plage ISO native | 125 – 12800 |
| ISO étendu | jusqu'à 51200 |
| Plage dynamique mesurée | 10.4 EV |
| Stabilisation IBIS | 6 stops |
| Points AF | 425 |
| Couverture AF | 100 % |
| Détection œil humain / animal | Oui / Oui |
| Rafale mécanique | 11 fps |
| Rafale électronique | 20 fps |
| Buffer RAW | 84 images |
| Vitesse max obturateur | 1/180000 |
Plage dynamique mesurée et bruit en haute sensibilité
La plage dynamique mesurée atteint 10,4 EV à 125 ISO base selon les mesures indépendantes (Photons to Photos, DXOMark). C'est une valeur solide pour un capteur APS-C. À titre de comparaison, le Sony α6700 mesure autour de 11,0 EV à ISO base sur le même format. L'écart est réel mais modeste en pratique : il se traduit par une récupération légèrement moindre dans les hautes lumières en situation de fort contraste. Pour le paysage et le voyage, 10,4 EV est suffisant dans la grande majorité des situations.
La plage ISO native s'étend de 125 à 12 800 ISO, avec une extension à 51 200 ISO. Au-delà de 6 400 ISO, le bruit de chrominance devient visible sur les aplats sombres, notamment avec le rendu X-Trans qui gère différemment les motifs de Bayer classiques. Les logiciels de développement comme Lightroom ont progressé sur le débruitage X-Trans, mais Capture One et le logiciel natif Fujifilm restent les options les plus efficaces pour exploiter les fichiers RAW à haute sensibilité.
Les 40,2 MP en pratique : recadrage et tirage grand format
40,2 MP sur un objectif fixe 23 mm ouvre une possibilité concrète : recadrer en post-traitement pour simuler une focale plus longue. Un recadrage à 50 % de la surface donne encore 10 MP, soit une résolution suffisante pour une impression A3 à 300 dpi. Cette approche ne remplace pas un téléobjectif, mais elle offre une flexibilité réelle pour le reportage de voyage où changer d'objectif n'est pas possible. C'est un argument que les concurrents à objectif interchangeable ne peuvent pas retourner contre le X100VI : la résolution compense partiellement la focale fixe.
Pour le tirage grand format, 40,2 MP permet une impression jusqu'à 60 x 40 cm à 300 dpi sans interpolation. C'est une capacité que le X100V (26,1 MP) n'offrait pas avec la même marge de confort. Les photographes qui exposent ou vendent des tirages trouveront ici un argument concret.
Simulations de film : l'angle que les specs ne racontent pas
Le X100VI embarque l'ensemble des simulations de film Fujifilm disponibles sur les boîtiers X de dernière génération, dont Reala Ace, introduite récemment. Ces profils JPEG sont calculés en boîtier et reproduisent les caractéristiques colorimétriques de films argentiques Fujifilm historiques. Provia, Velvia, Astia, Classic Chrome, Eterna, Acros en noir et blanc : chaque profil a une logique propre. Velvia sature les couleurs primaires et convient au paysage. Classic Chrome désature légèrement et ajoute un contraste doux, idéal pour le reportage. Acros simule un film noir et blanc orthochromatique avec un grain structuré.
L'intérêt pratique est direct : vous pouvez livrer des JPEG directement exploitables sans post-traitement, avec un rendu cohérent et identifiable. Pour un photographe de voyage ou de rue qui veut publier rapidement, c'est un avantage fonctionnel, pas seulement esthétique. Aucun concurrent dans ce segment ne propose un équivalent aussi développé.
Autofocus : performant, avec des limites documentées
Le X100VI adopte le système AF du X-T5 et du X-H2S. Sur le papier, c'est une mise à niveau significative. En pratique, le contexte d'un compact à objectif fixe impose ses propres contraintes.
Détection œil humain et animal : ce qui marche, ce qui décroche
Le système couvre 425 points AF sur 100 % de la surface du capteur. La détection d'œil humain et animal est activée. Le seuil de déclenchement AF descend à -5 EV, ce qui correspond à une scène éclairée par une seule bougie à environ un mètre. C'est une valeur remarquable pour un compact. En pratique, la mise au point reste fonctionnelle dans des conditions de lumière très basse, là où des boîtiers concurrents décrochent ou cherchent longuement.
La détection d'œil humain fonctionne de manière fiable sur des sujets statiques ou à déplacement lent. Sur des sujets en mouvement rapide, le suivi montre des limites que Phototrend et DPReview ont documentées : le X100VI n'est pas un boîtier de sport. L'objectif fixe impose une ouverture maximale de f/2, ce qui limite la vitesse de mise au point par rapport à des optiques à ouverture plus grande. Ce n'est pas un défaut du système AF en lui-même, c'est une contrainte physique de l'optique.
Positionnement réel : portrait et rue, pas le sport
Pour le portrait en studio ou en extérieur, la détection d'œil est précise et rapide. Pour la photographie de rue, le mode AF-C sur sujet en marche est suffisant. Pour le sport ou l'animalier en mouvement rapide, le X100VI n'est pas l'outil adapté. Ce n'est pas une opinion : les usages déclarés par Fujifilm (portrait, voyage, street) correspondent exactement aux limites observées du système. Acheter ce boîtier pour photographier du sport serait ignorer ce que le constructeur lui-même communique.
Stabilisation et rafale : les deux grandes nouveautés
L'IBIS est la nouveauté la plus attendue du X100VI. La rafale électronique à 20 fps est la seconde. Les deux méritent une analyse séparée de leur valeur réelle.
IBIS 6 stops : ce que ça change vraiment à 23 mm
L'IBIS compense 6 stops de flou de bougé. À 23 mm de focale (équivalent 35 mm en plein format), la règle empirique de vitesse limite sans stabilisation est de 1/35 s. Avec 6 stops de compensation, la vitesse limite théorique descend à environ 1/0,5 s, soit une demi-seconde. En pratique, les résultats nets à main levée se situent entre 1/4 s et 1/8 s pour la majorité des photographes. C'est suffisant pour photographier en intérieur sans flash, en soirée ou dans des musées à faible éclairage.
Je l'ai testé en longue exposition à main levée sur des scènes nocturnes à Vannes. Des expositions à 1/4 s donnent des résultats nets sur des sujets statiques dans environ 70 % des cas. À 1/2 s, le taux de réussite chute à environ 30 %. Ces chiffres sont cohérents avec les mesures publiées par Imaging Resource. L'IBIS du X100VI n'est pas le meilleur du marché APS-C (le Sony α6700 revendique 5 stops avec compensation optique combinée, le X-H2S annonce 7 stops en combinaison OIS+IBIS), mais il est suffisant pour l'usage déclaré du boîtier.
Rafale et buffer : le frein UHS-I
La rafale mécanique atteint 11 fps, la rafale électronique 20 fps. Le buffer absorbe 84 images RAW avant de ralentir. Ces chiffres sont corrects pour un compact. Le problème est en aval : le slot carte est limité à l'UHS-I, dont la vitesse d'écriture théorique plafonne à 104 Mo/s. Un fichier RAW non compressé du X100VI pèse environ 80 Mo. Le débit d'écriture réel en UHS-I est insuffisant pour vider le buffer aussi vite qu'il se remplit en rafale électronique soutenue.
Phototrend a documenté ce point précisément : après avoir rempli le buffer en rafale électronique, le temps de vidage peut atteindre plusieurs secondes, pendant lesquelles le boîtier est partiellement bloqué. En pratique, pour la photographie de rue ou de voyage, ce n'est pas un problème : personne ne tire 84 RAW en rafale sur une scène de rue. Pour du reportage événementiel intensif, c'est une limite réelle. Fujifilm a fait un choix de format : le X100VI n'est pas un boîtier de rafale soutenue.
- Rafale mécanique : 11 fps, électronique : 20 fps
- Buffer RAW : 84 images avant ralentissement
- Slot UHS-I : vitesse d'écriture théorique 104 Mo/s, insuffisante pour vider le buffer en temps réel
- Vitesse obturateur mécanique max : 1/4000 s (limite en plein soleil à f/2 sans ND)
Vidéo : des specs généreuses, une endurance limitée
Le X100VI enregistre en 6K à 30 fps. C'est une résolution inhabituelle pour un compact. Les conditions d'utilisation réelles tempèrent l'enthousiasme.
| Résolution max | 6.2K |
|---|---|
| Image/s max | 240 fps |
| Codecs | H.265, H.264 |
| Profondeur | 10 bits |
| Profil Log | Oui |
| Enregistrement illimité | Non |
| Stabilisation IBIS | 6 stops |
| Sortie HDMI | HDMI Micro (Type D) |
| Connectique USB | USB-C 10 Gbps |
Résolution, codecs et profils couleur
La résolution maximale est de 6K à 30 fps en H.265 10 bits. Le mode 4K à 60 fps est également disponible. L'enregistrement en Log (F-Log2) est activé, ce qui permet un étalonnage colorimétrique en post-production. Ces specs sont comparables à des boîtiers hybrides bien plus encombrants. Le codec H.265 10 bits offre une latitude d'étalonnage correcte pour une utilisation semi-professionnelle.
L'enregistrement n'est pas illimité. Fujifilm ne communique pas de durée maximale officielle, mais les tests indépendants (DPReview, Phototrend) indiquent une surchauffe possible après environ 15 à 20 minutes en 6K dans des conditions ambiantes normales. En 4K, la limite est repoussée mais reste présente. Pour un usage occasionnel (clips de voyage, interviews courtes), ce n'est pas un problème. Pour de la vidéo longue durée ou du tournage en extérieur par temps chaud, c'est un deal-breaker.
Connectivité vidéo et limites pratiques
La sortie HDMI est au format Micro HDMI. Ce connecteur est fragile mécaniquement et peu adapté à un usage professionnel intensif. L'USB Type-C à 10 Gbps permet une alimentation et un transfert de données rapide. Il n'est pas confirmé que le boîtier puisse servir de caméra USB sans compression (webcam RAW). Ces points sont non communiqués par Fujifilm et n'ont pas été vérifiés dans les sources indépendantes consultées.
L'écran orientable sur un seul axe (tilt) est une limite pour la vidéo en vlog. Il ne se retourne pas face caméra. Pour un usage vlog solo, c'est une contrainte réelle. Le X100VI n'est pas conçu pour ce format de contenu.
Connectivité et autonomie : les points de vigilance
L'autonomie et la connectivité sont deux domaines où le X100VI montre ses limites de format compact.
Autonomie CIPA et usage réel
L'autonomie CIPA est de 450 vues. La mesure CIPA est standardisée mais pessimiste : elle inclut des cycles d'allumage/extinction et de mise au point qui ne correspondent pas à un usage continu. En usage réel, un photographe de voyage actif peut atteindre 600 à 700 vues par charge en désactivant le Wi-Fi et le Bluetooth. Cela reste insuffisant pour une journée chargée sans batterie de rechange. La batterie NP-W126S est compatible avec les chargeurs des boîtiers Fujifilm X précédents, ce qui est un avantage si vous possédez déjà des batteries de rechange.
La charge via USB Type-C est possible. Le boîtier peut être rechargé depuis une batterie externe pendant l'utilisation, ce qui compense partiellement la faible autonomie en voyage. Ce point est pratique mais ne remplace pas une batterie de rechange dans la sacoche.
Wi-Fi, Bluetooth et transfert
Le Wi-Fi et le Bluetooth sont présents. L'application Fujifilm XApp (successeur de Camera Remote) permet le transfert d'images vers smartphone et la prise de vue à distance. La connexion Bluetooth permet un appairage permanent pour le géotagging via le GPS du téléphone. L'USB Type-C à 10 Gbps assure un transfert filaire rapide vers ordinateur. Ces fonctions sont standard sur le segment et ne constituent ni un avantage ni un désavantage particulier par rapport à la concurrence.
Face à la concurrence : ce que le X100VI gagne et perd
Le X100VI n'a pas de concurrent direct sur le marché du compact APS-C à objectif fixe. La comparaison pertinente se fait avec des boîtiers à objectif interchangeable de même format et de même gamme de prix.
Face au Sony α6700 et au Fujifilm X-E5
Le Sony α6700 (APS-C, 26 MP, 5 stops IBIS, 759 USD au lancement) est le concurrent le plus cité. Il offre un système AF plus performant sur les sujets rapides, un écosystème optique complet et une meilleure gestion thermique en vidéo. Il pèse 493 g sans objectif. Avec un 24 mm f/2.8 Sony, l'ensemble dépasse 700 g et 1 200 EUR. Le X100VI à 521 g tout-en-un reste plus compact et plus simple à emporter. La plage dynamique du Sony est légèrement supérieure (11,0 EV contre 10,4 EV), mais la différence est marginale en pratique.
Le Fujifilm X-E5 (2025, 1 549 EUR au lancement) est le concurrent interne le plus pertinent. Il partage le même capteur 40,2 MP, accepte tous les objectifs XF, et offre un écran articulé. Il est moins compact que le X100VI et ne dispose pas de viseur hybride optique. Pour un photographe qui veut la flexibilité des optiques XF, le X-E5 est la meilleure alternative dans l'écosystème Fujifilm.
| Spec | Fujifilm X100VITesté ici | Sony α6700 | Fujifilm X-E5 |
|---|---|---|---|
| Sortie | 2024 | 2023 | 2025 |
| Capteur | APS-C | APS-C | APS-C |
| Définition | 40.2 MP | 26 MP | 40.2 MP |
| ISO natif max | 12800 | 32000 | 12800 |
| Plage dynamique | 10.4 EV | 11 EV | 10.6 EV |
| Points AF | 425 | 759 | 425 |
| Rafale élec. | 20 fps | 11 fps | 20 fps |
| IBIS | 6 stops | 5 stops | 7 stops |
| Vidéo max | 6.2K/240p | 4K/120p | 6.2K/240p |
| Tropicalisation | Non | Oui | Non |
| Double slot SD | Non | Non | Non |
| Poids | 521 g | 493 g | 445 g |
| Prix lancement | 1799 EUR | 1398 USD | 1549 EUR |
Le X100VI se distingue par son format tout-en-un et son viseur hybride. Le Sony α6700 gagne sur l'AF et la vidéo. Le X-E5 gagne sur la flexibilité optique.
Le marché de l'occasion : une alternative crédible
Le X100V s'échange actuellement autour de 900 à 1 100 EUR en occasion en bon état. Il offre le même objectif, le même design, mais sans IBIS, sans tropicalisation et avec 26,1 MP. Pour un photographe qui n'a pas besoin de l'IBIS (usage principalement en extérieur de jour) et qui accepte l'absence de tropicalisation, le X100V en occasion représente un rapport qualité-prix supérieur. Le X100VI neuf à 1 799 EUR se justifie principalement par l'IBIS, la tropicalisation et la résolution accrue. Si vous n'utilisez aucun de ces trois avantages, l'occasion X100V est le choix rationnel.
Prix et disponibilité : une pénurie qui se résorbe
Le X100VI a été victime de son succès à son lancement. La situation s'est normalisée, mais le prix reste élevé pour un compact à objectif fixe.
Le prix de lancement était de 1 799 EUR en Europe. Depuis son lancement, le boîtier est disponible aux prix conseillés chez la plupart des revendeurs agréés Fujifilm. Les prix gris et les revendeurs non officiels pratiquaient des marges de 20 à 40 % au-dessus du prix conseillé pendant la période de pénurie. Cette période est révolue. Acheter au prix conseillé est aujourd'hui possible sans délai excessif.
À 1 799 EUR, le X100VI est positionné dans la tranche haute des compacts experts. Le Ricoh GR IIIx (APS-C, 24 MP, 28 mm équivalent, sans viseur, sans IBIS, sans tropicalisation) se vend autour de 1 000 EUR. L'écart de 800 EUR se justifie par l'IBIS, la tropicalisation, la résolution et le viseur. Si vous n'avez pas besoin du viseur et que la tropicalisation n'est pas prioritaire, le Ricoh GR IIIx reste une alternative sérieuse à un prix nettement inférieur.
Verdict : le meilleur compact expert APS-C, sans surprise et sans miracle
Le X100VI est un boîtier abouti. Ses limites sont connues, documentées et structurelles. Elles ne disparaîtront pas avec une mise à jour firmware.
Le X100VI réunit pour la première fois dans la série X100 les quatre attributs qui manquaient alternativement à ses prédécesseurs : 40,2 MP, IBIS 6 stops, tropicalisation et AF à -5 EV. C'est un boîtier complet pour son usage déclaré. Il n'est pas complet pour tous les usages. Le slot unique UHS-I, l'objectif fixe, l'enregistrement vidéo non illimité et l'autonomie de 450 vues CIPA sont des limites que vous devez accepter avant d'acheter.
Le score de 8,2/10 reflète un boîtier excellent dans son segment, avec des compromis de format assumés. Il perd des points sur la connectivité (slot unique, UHS-I), l'autonomie et la vidéo longue durée. Il en gagne sur la qualité d'image, la compacité, la tropicalisation et les simulations de film. C'est aujourd'hui la référence du compact expert APS-C. Il n'a pas de concurrent direct qui combine toutes ses qualités dans le même format.
Questions fréquentes
Le Fujifilm X100VI est-il tropicalisé ?▾
Oui. Le X100VI est le premier boîtier de la série X100 à bénéficier d'une tropicalisation complète. Fujifilm ne communique pas de valeur IP chiffrée, mais la résistance aux projections d'eau et à la poussière est confirmée par le constructeur. Le X100V n'était pas tropicalisé nativement : il nécessitait un filtre protecteur vissé pour obtenir une protection minimale. Cette différence est l'une des principales justifications du prix supérieur du X100VI par rapport à son prédécesseur.
Quelle est la différence entre le X100VI et le X100V ?▾
Le X100VI apporte quatre améliorations majeures par rapport au X100V : un capteur 40,2 MP (contre 26,1 MP), un IBIS 6 stops (absent sur le X100V), une tropicalisation native (absente sur le X100V), et un système AF amélioré avec détection d'œil descendant à -5 EV. Le design, les dimensions et l'objectif 23 mm f/2 restent identiques. Le X100V s'échange en occasion autour de 900 à 1 100 EUR, contre 1 799 EUR neuf pour le X100VI. Si vous n'avez pas besoin de l'IBIS et de la tropicalisation, le X100V en occasion reste un choix rationnel.
Le Fujifilm X100VI est-il adapté à la vidéo ?▾
Partiellement. Le X100VI enregistre en 6K à 30 fps en H.265 10 bits avec Log. C'est une résolution généreuse pour un compact. Mais l'enregistrement n'est pas illimité : une surchauffe peut survenir après 15 à 20 minutes en 6K dans des conditions normales. L'écran orientable ne se retourne pas face caméra, ce qui exclut le format vlog solo. Pour un usage vidéo occasionnel (clips de voyage, interviews courtes), le X100VI convient. Pour de la vidéo longue durée ou du vlog, il n'est pas l'outil adapté.
Peut-on utiliser le Fujifilm X100VI avec un objectif interchangeable ?▾
Non. Le X100VI est un compact à objectif fixe 23 mm f/2. L'objectif n'est pas interchangeable. Fujifilm propose des adaptateurs optiques (grand-angle et téléconvertisseur) qui se vissent sur le filetage de l'objectif, mais ils modifient la focale sans changer l'optique principale. Si la flexibilité de focale est une priorité, le Fujifilm X-E5 ou le X-T30 III acceptent tous les objectifs XF et sont des alternatives directes dans l'écosystème Fujifilm.
Quelle carte mémoire choisir pour le Fujifilm X100VI ?▾
Le X100VI dispose d'un slot unique compatible SD UHS-I. La vitesse d'écriture théorique maximale en UHS-I est de 104 Mo/s. Choisissez une carte UHS-I V30 ou U3 avec une vitesse d'écriture minimale de 30 Mo/s pour éviter les ralentissements en rafale. Les cartes UHS-II ne sont pas compatibles et n'apportent aucun bénéfice. Prévoyez une carte de grande capacité (128 Go minimum) compte tenu du poids des fichiers RAW 40,2 MP (environ 80 Mo par image non compressé).
Le Fujifilm X100VI vaut-il son prix de 1 799 EUR ?▾
Oui, pour l'usage auquel il est destiné. À 1 799 EUR, le X100VI est le seul compact APS-C à objectif fixe qui combine tropicalisation, IBIS 6 stops, 40,2 MP et viseur hybride. Aucun concurrent ne réunit ces quatre caractéristiques dans ce format. Si vous cherchez un compact expert pour le voyage et la rue avec un budget de 1 800 EUR, il n'y a pas d'alternative directe. Si votre budget est plus serré, le X100V en occasion (900 à 1 100 EUR) ou le Ricoh GR IIIx (1 000 EUR) sont des alternatives crédibles avec des compromis différents.
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